La Rompuda, à tout casser ?

Chez moi, une terre qui vient d’être mise en culture, c’est une roumpudo. On rompt la terre ». Un ami, tombé dans la marmite occitane, et de surcroît agriculteur, m’a offert le mot. J’employais « débartasser », il m’a repris : « Rompre une terre, c’est la défoncer, pas seulement la débroussailler ». Bon ! Information intéressante, sans aucune conséquence pratique. On ne défriche pas, en ce moment, ce serait plutôt le
contraire. Aucun risque de rencontrer des roumpudas. Jusqu’au jour où, en promenade du côté de Mireval, je déniche « La rompude » entre la Tortue, Moulinas et le Mas Neuf, sur les basses pentes de la Gardiole. Un défrichement aujourd’hui abandonné… Tiens ! Tiens ! La curiosité me prend, et un rapide recensement dans les environs du Clapàs me conduit à Murviel, à Grabels, puis à Saint Gély du Fesc, Pignan, Gigean, Saint Jean de Cornies, Vailhauquès, Boisseron, Gignac. Sans même aller dans les vieux papiers, où, dit-on, la récolte est encore plus abondante. Un réseau de « rompudas » couvre discrètement le pays…La trace d’une « faim de terre ». Aux XVIIIème et XIXème siècles..

La Gazette de Montpellier.

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