Aigues-Mortes et quelques autres

La prononciation n’aide guère à comprendre ce nom. « `Èg », en français, est bien loin d’ « aïgo(s) » en occitan. L’aiga (l’eau) ça se boit, on s’en sert pour se laver, et bien d’autres choses encore. On entend le latin « acqua », réutilisé dans les aqueducs. Des eaux, donc. Mortes ? Cela n’a guère de sens en français. En occitan, cela veut dire qu’elles ne bougent pas, qu’elles ne coulent pas. Qu’elles stagnent : ce sont des marais, des étangs, des paluds. Et Dieu sait que la côte languedocienne en est riche ! Aujourd’hui, on dirait peut-être « zones humides »…saumâtres, salées, le pays du sel, qui s’étend du Rhône à l’Aude, et au-delà.

A quelques kilomètres d’Aigues Mortes, vous trouverez tout le contraire à Aigues-Vives : une source qui coule, que dis-je, qui jaillit. Une dizaine d’Aigues Vives (lieux-dits, sources) dans l’Hérault complèteront bien le tableau ! Et quelques Aiguerelles, comme à Montpellier, pour dire que l’eau a toujours été très importante, dans ce pays. A votre santé !

La Gazette de Montpellier – 19.10.2023

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